Extrait
La RATP et Airbus ont signé un partenariat afin d’explorer la faisabilité de services de mobilité aérienne urbaine (UAM : Urban Air Mobility) en Île-de-France. Il est question d’une échéance courte, de l’ordre de 5 ans.
Le challenge de la NASA : https://www.nasa.gov/uamgc
Airbus: https://www.airbus.com/newsroom/stories/urban-air-mobility-the-sky-is-yours.html
Un article du journal Le Monde
Y a-t-il un pilote dans le taxi volant ?
Par Jean-Michel Normand
Les futurs transports urbains de personnes
passeront d’abord par la présence d’un humain aux commandes.
Il pourrait bien y avoir dans cinq ans des taxis
électriques évoluant au-dessus de la région parisienne. Cette vision n’est pas
celle de start-upeurs illuminés ou de technophiles prêts à prendre leurs désirs
pour la réalité, mais celle de la RATP et d’Airbus.
A l’occasion du salon VivaTech, qui se tient
jusqu’au samedi 18 mai, les deux entités ont annoncé un partenariat destiné à «
étudier l’intégration des véhicules volants dans le transport urbain ».
Autrement dit, plancher sur « les conditions d’un développement » de taxis
volants « à coût maîtrisé ».
Hover Taxi, start-up installée au Castellet,
dans le Var, dévoile quant à elle à VivaTech un véhicule volant à vocation
urbaine. Le même jour, la société allemande Lilium a présenté son premier
appareil électrique, qui a mené avec succès son premier vol d’essai ;
l’entreprise prévoit une commercialisation en tant que jet destiné au transport
urbain dès 2025.
Une vision plus réaliste du futur
Ces annonces ont un point commun : elles
bannissent soigneusement le terme de drone et intègrent la présence d’un
pilote. Il s’agit d’avions multirotors appelés VTOL (vertical take-off and landing)
dans le jargon aéronautique, capables de décoller verticalement puis d’incliner
leurs moteurs pour voler comme un avion. Avantage : ils ont besoin de peu
d’espace pour s’envoler et se poser, comme un hélicoptère.
Et en se transformant en aile volante une fois
dans les airs, ils peuvent couvrir des distances appréciables. Le projet Lilium
annonce la possibilité de parcourir 300 kilomètres et de rallier l’aéroport
J.-F. Kennedy à Manhattan en six minutes pour un tarif de 70 dollars à 80
dollars (jusqu’à 72 euros) par passager. L’appareil est présenté non pas comme
un drone mais comme un « jet » doté de trente-six moteurs électriques, pouvant
embarquer quatre personnes et un pilote.
S’en remettre à des taxis volants manœuvrés par
des humains marque une inflexion vers une vision sans doute plus réaliste des
futurs modes de transport aérien en milieu urbain, perspective qui mobilise
Airbus mais aussi Uber ou Boeing.
La piste du drone présente en effet quelques
inconvénients. Elle suppose de totalement maîtriser le pilotage autonome, ce
qui n’est pas encore le cas, et aussi de disposer d’un système de gestion de
l’espace aérien à basse altitude, mosaïque d’une extrême complexité qu’il est
impossible de confier à des contrôleurs du ciel comme c’est le cas pour les
avions.
Passagers réticents
En outre, faire voler des jets électriques
pilotés – comme les hélicoptères qui évoluent au-dessus des villes – dans des
couloirs aériens permet de s’inscrire dans l’organisation du ciel telle qu’elle
existe à l’heure actuelle. Dernier argument, et pas le moindre : vaincre les
réticences qui entourent l’éventualité d’embarquer dans un engin sans pilote.
Reste que le développement du taxi aérien –
activité qui, selon la banque Morgan Stanley, devrait représenter un chiffre
d’affaires annuel de 1,5 milliard de dollars en 2040 – finira sans doute par
faire de nouveau la part belle aux aéronefs sans pilote qui, dans un premier
temps, seront utilisés pour transporter des marchandises. Le jet de Lilium a
d’ailleurs été conçu pour pouvoir évoluer avec ou sans humain aux commandes.