2025: Airbus, Boeing et COMAC

Source: Le Monde

Airbus reste le numéro un mondial de l’aéronautique, Boeing revient en force

Le constructeur européen a livré 793 avions commerciaux en 2025, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente

Guy Dutheil

Airbus a conservé une année de plus sa couronne de numéro un mondial de l’aéronautique. A l’occasion de la publication, lundi 12 janvier, de son bilan commercial pour 2025, l’avionneur européen a annoncé avoir livré 793 appareils, soit trois de plus que les 790 prévus et 27 de plus qu’en 2024 (+ 4 %). Il s’agit toutefois d’un demi-succès, car, à l’origine, Airbus voulait en livrer 820.

Cependant, le groupe présidé par Guillaume Faury avait été conduit à revoir ses ambitions à la baisse après la découverte, au début de décembre 2025, de « problèmes de qualité » sur des panneaux de fuselage d’appareils A320. Cette annonce était intervenue peu après l’obligation imposée par le constructeur à de nombreuses compagnies aériennes, fin novembre, d’immobiliser au sol, pour quelques heures ou quelques jours, 6 000 avions de la famille A320 afin de mettre à jour un logiciel de commandes vulnérable aux radiations solaires.

Dix ans de production garantie

Malgré ces deux coups durs, Airbus aura livré près de 140 appareils de plus que son grand rival Boeing. Une performance qui n’a rien d’anodin, car c’est lors de la livraison, pour l’essentiel, que les avionneurs sont payés par les compagnies clientes. Il n’empêche, si Airbus reste dominateur, 2025 aura marqué le retour en force de son concurrent américain. Un mois avant la fin de l’année, celui-ci totalisait 537 commandes, contre 348 pour toute l’année 2024. Et si Airbus a remporté le match des livraisons, il a, en revanche, perdu celui des prises de commandes. Fin novembre, Boeing avait enregistré 999 commandes nettes (le solde entre les commandes brutes et les annulations), contre 700 pour Airbus. Cette performance se double de la satisfaction d’avoir débarrassé ses parkings, où étaient entassés jusqu’à 450 moyen-courriers 737 MAX, qui ne pouvaient pas être livrés à cause de problèmes de qualité.

Comme à son habitude, Airbus a terminé l’année en trombe, mais son compteur s’est arrêté à 889 commandes nettes, dont 705 concernent des avions moyen-courriers A320 et A220. Le carnet de commandes est à un niveau record avec 8 754 appareils, soit plus de dix années de production garantie. Il est valorisé à près de 570 milliards d’euros. Loin derrière, Boeing n’est pas à plaindre, avec plus de 6 600 avions à produire et à livrer au cours des prochaines années.

La bonne forme des deux avionneurs devrait se poursuivre en 2026. Pour preuve, Boeing continue à engranger les commandes. Mercredi 7 janvier, la compagnie américaine Alaska Airlines s’est engagée pour 110 appareils, dont 105 moyen-courriers 737 MAX et cinq long-courriers de type 787. La plus importante commande de son histoire. De son côté, l’avionneur européen peut tabler sur sa chaîne de fournisseurs en vue de soutenir sa montée en cadence. Il prévoit notamment de sortir de ses chaînes d’assemblage 75 moyen-courriers chaque mois d’ici à la fin de 2027.

L’équipementier Safran, qui avait d’abord eu du mal à suivre le rythme, a enfin livré tous les moteurs dont l’avionneur européen avait besoin en 2025. Mieux, à l’occasion de la présentation des vœux du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), jeudi 8 janvier, le président, Olivier Andriès, directeur général de Safran, a précisé que, du côté des fournisseurs et des sous-traitants, « la tendance [était] à l’amélioration ».

« Recette miracle »

Selon le Gifas, la filière aéronautique détient la recette miracle pour parer à d’éventuels ratés d’un maillon de la chaîne. Didier Kayat, PDG de l’équipementier Daher et vice-président du Gifas, a précisé, jeudi, que les grands donneurs d’ordre allaient multiplier les « doubles sources » pour sécuriser leurs approvisionnements. Un dispositif qui leur permettra de ne pas mettre en tension certains fournisseurs déjà aux limites de leurs capacités.

Revenu dans la course en 2025, Boeing va pouvoir augmenter sa production, limitée à 38 appareils par mois en janvier 2024 par l’Agence fédérale de l’aviation américaine pour des raisons de sécurité. Cette dernière l’a autorisé, en septembre, à sortir de ses chaînes d’assemblage 42 appareils, puis à monter à 53 moyen-courriers par mois d’ici à la fin de 2026.

Enfin, Airbus comme Boeing semblent avoir l’avenir devant eux, sans avoir à s’inquiéter de la concurrence chinoise. Comme Airbus, Comac a été contraint de revoir à la baisse ses objectifs de livraisons de son moyen-courrier C919. Alors qu’il voulait livrer 75 appareils à ses clients en 2025, il avait réduit ses prétentions à 25. Finalement, ce sont seulement 16 exemplaires qui ont été livrés.